Tous ceux qui le connaissaient évoquait Genesis comme un ordinateur doué d’une conscience intelligente, mais les Taj Ramanes savaient que rien n’était exact. […] Genesis n’était pas une machine et encore moins un outil informatique, Genesis était vivant, c’était l’organisme le plus complexe de la galaxie.
Dans cette galaxie grouillante d’États et de communautés aux intérêts si divergents, Genesis, la créature-monde, essaie de fédérer l’humanité sous la bannière de Daym. Pour seul outil, il dispose de l’Histrion, dont l’unique fonction est de jouer les trouble-fête. Et pour l’Histrion, il a choisi Aimlin (ou Aimline) un/une sexomorphe, individualiste farouche, qui déteste le pouvoir et n’a pas été consulté(e) sur ce rôle qu’on veut lui voir tenir…
Yal Ayerdhal (1959-2015), nom de plume de Marc Soulier, est un écrivain français qui a commencé par écrire de la science-fiction avant de se lancer dans le thriller. En 25 ans, il a entre autres obtenu deux grand prix de l'Imaginaire, deux prix Ozone, un prix Tour Eiffel de science-fiction, un prix Michel-Lebrun, un prix Bob-Morane, un prix Rosny aîné et un prix Cyrano pour l'ensemble de son œuvre et de ses actions en faveur des auteurs. Son nom a été donné à l'astéroïde (434453) Ayerdhal.
Le personnage de l’Histrion est la belle invention de ce roman complexe. Aimelin(e), un sexomorphe au caractère tortueux, est au centre des tensions géopolitiques de la galaxie, le trublion à éliminer. Genesis, la créature monde, et les Taj Ramanes, ces télépathes surpuissantes, ont aussi captivé ma curiosité. À la vérité, chacun des personnages est passionnant, profond, avec leur part de mystère, d’ombre et de lumière. Le style d’écriture d’Ayerdhal les porte dans une valse étourdissante de chauds et de froids.
En revanche, j’avoue m’être perdu dans les nombreux peuples, leurs relations, qui est avec qui, qui est contre qui. On sent que l’auteur se complaît dans les intrigues politiques, quitte à embrouiller les pistes, mais au final, heureusement, il n’est pas indispensable de tout comprendre pour suivre l’Histrion dans sa quête impossible et ses doutes.