
Dans sa longue liste de châtiments, notre Officier n’avait pas mentionné celui qui punirait les évadés repris. Il aborda ce sujet en conclusion de son discours : Vous vous êtes peut-être demandé pourquoi je n’avais pas parlé de la peine prévue en cas de tentative d’évasion. La raison en est simple : cette peine n’existe pas. On ne s’évade pas du bagne d’Argolide. Si deux hommes disparaissent, ils ne se sont pas évadés, ils sont morts. Argolide est un Territoire presque totalement marécageux. Le bagne se situe au cœur même du marais de Lerne, dans l’unique zone émergée. Votre prison est une île, et ses murailles sont faites d’eau. Dans cette eau, grouillent les hydres.
Un mot me vient en repensant à cette lecture : sympathique. Pas une œuvre extraordinaire, mais agréable à lire, bien rythmé, et de bonnes trouvailles. J’ai bien aimé, par exemple, l’idée d’attacher les bagnards deux par deux, et la rivalité ou l’entraide qui naissait entre ces couples.
La première partie, où le héros se retrouve dans le lit d’une belle femme, d’une caste très supérieure, qui le considère comme un animal de compagnie, voire un sextoy, est certes érotique, mais au final, dénote assez de l’ensemble du récit. Les affreuses hydres à trois têtes des marais sont aussi trop fantastiques à mon goût.
On sent que l’œuvre a été écrite pour satisfaire quelques critères marketing. La science-fiction est ici plus un décor qu’un thème.
Mais bon, elle a atteint son but puisqu’elle m’a distrait.