À la suite d’une épidémie d’encéphalite qui ne frappe que les hommes, les femmes les remplacent dans leurs rôles sociaux, et c’est une Présidente, Sarah Bedford, féministe dure, qui s’installe à la Maison-Blanche. Le Dr. Martinelli, qui recherche un vaccin contre l’encéphalite, est enfermé avec d’autres savants à Blueville, dans une « zone protégée » qui les tient à l’abri de l’épidémie mais dans un climat de brimades, d’humiliations et d’angoisse. Martinelli acquiert vite la conviction que son vaccin ne sera pas utilisé, du moins sous l’Administration Bedford. C’est paradoxalement chez les femmes qu’il trouvera ses alliées les plus sûres et par les femmes qu’il sera libéré. Mais, une fois Bedford remplacée à la Maison-Blanche par une féministe modérée, Martinelli saura-t-il s’adapter à une société où les hommes ne jouent plus qu’un rôle subalterne ?
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Né en Algérie où son père est officier, Robert Merle vit en France à partir de 1918. Titulaire d'une licence de philosophie et d'un doctorat en lettres, agrégé d'anglais, auteur d'une thèse sur Oscar Wilde, il enseigne en lycée, à Bordeaux puis à Neuilly, dans les années trente. Mobilisé en 1939, prisonnier trois années pendant la guerre, Robert Merle écrit son premier roman, 'Week-end à Zuydcoote' en se remémorant la catastrophique retraite de Dunkerque. Pour ce livre, il remporte le prix Goncourt en 1949. L'oeuvre littéraire de Robert Merle se compose de romans d'anticipation, dont le plus célèbre, intitulé 'Malevil', paru en 1972, raconte l'histoire d'une communauté retranchée dans un château après une guerre atomique, et de récits-reportages. 'Derrière la vitre', publié en 1970, est un ouvrage inspiré de l'expérience de Robert Merle dans l'enseignement. Ecrivain aux talents multiples, il a également publié des pièces de théâtre, des essais critiques et des traductions de classiques anglais... Considéré comme un maître du roman historique, Robert Merle est célèbre pour 'Fortune de France', saga commencée en 1977, dont le treizième volume, 'Le Glaive et les amours', est couronné par le prix Jean Giono en 2003.
(1908 - 2004)
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En tant que lecteur « mâle », je dois avouer que la lecture de ce roman m’a bousculé, ou en tout cas, poussé à dépoussiérer mes opinions sur la place des hommes et des femmes dans la société actuelle. Cette dystopie issue d’un virus imaginaire ne paraît pas si irréaliste, dans ses excès comme dans sa version plus modérée. Je me suis laissé prendre au jeu, dans la peau de Ralph, à me demander comment j’aurais réagi à sa place, ou encore à peser le pour ou le contre d’une société matriarcale. N’amènerait-elle pas plus de sagesse et de paix à notre monde à l’équilibre instable et encore très machiste ? Pour au moins amorcer une transition ? Difficile à dire. Personnellement, je parie plutôt sur la parité, sur un juste milieu, mais on en est loin…
Pour en revenir à l’intrigue, je la trouve très bien ficelée, très bien intégrée dans son contexte autoritaire et global, très actuelle dans ses développements féministes, et très bien épaulée par des personnages crédibles dans leurs qualités et leurs défauts, et attachants.
Lu quasiment d’une traite. Merci la canicule…