Je suis le capitaine Henri Villon, et je mourrai bientôt. Non, ne ricanez pas en lisant cette sentencieuse présentation. N’est-ce pas l’ultime privilège d’un condamné d’annoncer son trépas comme il l’entend ? C’est mon droit. Et si vous ne me l’accordez pas, alors disons que je le prends.
Ainsi débute le récit du capitaine Villon. Il lutte avec son équipage de pirates pour préserver sa liberté dans un monde déchiré par d’impitoyables perturbations temporelles. Son arme : le Déchronologue, un navire dont les canons tirent du temps.
Stéphane Beauverger, l’auteur de La trilogie Chromozone, fait preuve, avec Le Déchronologue, d’un talent hors norme.
Les Caraïbes au XVIIe siècle, polluées par un trafic d’objets dérobés au futur. Des flibustiers confrontés à un vaisseau fantôme invraisemblable, débarqué lui aussi du futur. Un capitaine, Villon, qui manque mille fois de mourir sous les feux de l’ennemi, de faim, de soif, toujours sauvé in extremis, et qui s’allie avec les Targui, personnages mystérieux et hors du temps. Le tout saupoudré d’une histoire d’amour insolite.
Avec ses chapitres savamment mélangés, l’auteur se joue du temps, en effet, pour peindre une histoire de pirates des plus héroïques et trépidantes.
L’ambiance est sombre, malsaine, inquiétante, puante. Pas de doute, le lecteur se retrouve immergé jusqu’au cou dans la vie des colons de l’époque. Ce qui rend l’ensemble crédible malgré les pièges des failles temporelles qui sont le nerf et l’originalité de ce roman.
Un roman qui mérite largement ses prix littéraires.