
L’homme n’a jamais su se contenter de ce qu’il avait. Alors il a fait la guerre. À ses voisins, à ses amis, à ses ennemis. Et une fois la victoire acquise, il a joui de son pouvoir. Puis il en a voulu plus, toujours plus. Jusqu’au jour où tous les hommes se sont battus, où tous ont vécu la souffrance, la peine et le désespoir, et tous ont décidé qu’il était temps d’en finir. Alors ils ont déclaré la paix. Mais comment survivre dans un monde dévasté, dont les ruines leur rappellent sans cesse leurs erreurs passées ?
C’est ainsi que quatre-vingt-dix-sept vaisseaux ont été envoyés à la découverte de nouvelles galaxies. Mais sur les quatre-vingt-dix-sept, seul un a survécu à la traversée. Atterrissant sur une nouvelle planète peuplée de femmes nues, sans lois ni gouvernement, les survivants vont chercher à comprendre ce mode de fonctionnement qui leur est si étranger : s’agirait-il d’un monde idéal ou d’un traquenard ?
Voilà un roman qui m’a posé soucis. Pour en parler, j’en distinguerai deux parties très distinctes.
La première, jusqu’à ce que j’appellerais le « massacre des innocents » par un commandant fébrile et peu crédible, est très médiocre. Le sujet, une caravane de vaisseaux qui quittent la Terre devenue invivable, en quête de potentielles planètes habitables, est traité ici sans une grande originalité. On assiste à la naissance d’une rivalité pas très convaincante entre le commandant et son second. Elle est à ce point banale que j’ai pensé un moment en abandonner la lecture. Je n’ai pas cédé à la déception malgré tout. Jusque-là, Pierre Pelot ne m’avait jamais déçu. Alors j’ai persévéré. Je voulais encore croire à du mieux. Et bien m’en a pris.
Car la seconde partie, comme par magie, lorsqu’on commence à plonger dans les mondes idylliques que les Voyageurs découvrent, m’a littéralement happé. Elle est grandiose et rattrape allègrement le début médiocre du roman.
Si pour la plupart des Voyageurs, l’intégration ne pose pas de problème, il n’en est pas de même pour leurs dirigeants. Ils partaient en conquérants et se retrouvent de simples réfugiés. Suivre leur évolution est très intéressant.
En outre, cette société libre, anarchiste et non violente inventée par l’auteur est tellement séduisante. Elle est utopique, ça reste de la fiction, mais elle fait rêver. Et j’ai aimé la rêver.
La chute est peut-être un peu convenue, mais elle est efficace et au final, tellement logique.