
D’où venons -nous ?
Après l’infiniment petit (trilogie des Fourmis), après le mystère de la mort (Les Thanatonautes), Bernard Werber s’intéresse à une nouvelle frontière de notre savoir : les origines de l’humanité.
Pourquoi y a-t-il des hommes sur Terre ? Pourquoi sont-ils intelligents ? Pourquoi sont-ils conscients ?
Nous nous retrouvons ainsi plongés il y a 3 millions d’années dans la savane africaine à suivre au jour le jour les aventures du premier humain, le fameux chaînon manquant, Adam, le… Père de nos pères. En parallèle, de nos jours, tous ceux qui ont découvert la véritable nature de cet être primordial ont de sérieux problèmes.
Quel est ce secret que personne ne veut voir en face ?
Lucrèce Nemrod, reporter aussi tenace qu’espiègle, accompagnée de son complice Isidore Katzenberg, ancien journaliste scientifique désabusé, se lance intrépidement dans l’enquête. De Paris à la Tanzanie commence une course poursuite haletante où l’on rencontre un club de savants passionnés, une charcutière industrielle, une star du X et quelques primates qui se posent de drôles de questions.
Suspense, humour, science, aventure… la révélation qui nous attend au terme de ce thriller paléontologique pourrait bien changer notre vision du monde.
Malgré une écriture agréable et facile, j’ai trouvé que l’intrigue était longue à se mettre en place. Je me suis plutôt ennuyé jusqu’à ce que les deux journalistes, Lucrèce et Isidore, atteignent le fond du trou… soit après les deux tiers du livre !
Non pas que ce soit inintéressant jusque-là, on explore les diverses théories des origines de l’humanité, des plus sérieuses aux plus douteuses, avec des considérations pseudoscientifiques et une enquête policière aux rebondissements incessants qui finissent par lasser. Un bien long chemin pour en arriver à la scandaleuse théorie du Professeur Adjemian. Je ne veux pas dévoiler l’objet de la discorde, ce fameux chaînon manquant imaginé par l’auteur, mais je trouve osé de sa part d’avoir fait tout un roman d’une idée aussi farfelue. C’est téméraire de sa part, je trouve, mais après tout, sans être devenu un de ses plus grands chefs-d’œuvre, ça a marché. Tant mieux pour lui.
En revanche, il y a un point que j’ai trouvé franchement génial, c’est l’évocation de ces scientifiques qui inventent de fausses preuves pour démontrer, faute de mieux et par manque de temps, que leur théorie est juste !
Bref, pour l’apprécier, il faut prendre ce roman sur le ton de l’humour. Et ne pas chercher à trop philosopher. Au risque d’être déçu.