
On l’appelle Skiath… Mais lui, déchiré, sait bien qu’il ne s’agit que d’un nom d’emprunt. Sur Ti-Grid, ce monde rugueux qui ignore tout de la guerre, c’est le nom d’un homme qui lui dicte sa loi. Et c’est cette loi qui conduit sa vie.
Sur les hauts plateaux éternellement battus par les vents, hanté par le souvenir d’Enwin, son amour perdu, Skiath erre à la recherche de son nom véritable. Quête douloureuse : recueilli et initié par les étrangers raffinés de Lanmeur, la planète mère du Rassemblement, ignoré par les siens pour avoir transgressé l’interdit du lagad, l’épice rituelle, il fait figure de proscrit. Et peut-être même de menace : à mesure que Skiath le solitaire, partagé entre deux cultures, progresse vers son but, se profile sur Ti-Grid tout entière un rêve de violence, dominé par le fracas des armes…
On retrouve en toile de fond Lanmeur, la planète à l’épicentre des colonies. On retrouve aussi l’utilisation d’une drogue, ici le lagad, qui permet aux indigènes de Ti-Grid de communier entre eux. On retrouve des personnages torturés dans leur âme, pas de manichéisme, mais seulement des hommes et des femmes devant se démener pour vivre, survivre, ou trouver leur loi…
On retrouve la belle écriture fluide de Christian Léourier. Il a un talent indéniable pour raconter ses histoires.
En revanche, je n’ai pas retrouvé une intrigue aussi enthousiasmante. La visite des plateaux par Skiath et Isoline, bien que très bien rendue côté ambiance, est longue et ne m’a pas convaincu de son utilité. Je n’ai pas trouvé la fin terrible non plus. Que Lanmeur se désintéresse de Ti-Grid, OK, c’est bien vu, mais je n’ai pas compris le pourquoi d’un tel dénouement entre Skiath et son père adoptif.