
Il y avait à Montmartre, au troisième étage du 75 bis de la rue d’Orchampt, un excellent homme nommé Dutilleul qui possédait le don singulier de passer à travers les murs sans en être incommodé. Il portait un binocle, une petite barbiche noire et il était employé de troisième classe au ministère de l’Enregistrement. En hiver, il se rendait à son bureau par l’autobus, et, à la belle saison, il faisait le trajet à pied, sous son chapeau melon. Dutilleul venait d’entrer dans sa quarante-troisième année lorsqu’il eut la révélation de son pouvoir.
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Marcel Aymé, né en 1902 à Joigny et mort en 1967 dans le 18e arrondissement de Paris, est un écrivain, dramaturge, nouvelliste, scénariste et essayiste français. Écrivain prolifique, il est l'auteur de deux essais, 17 romans, plusieurs dizaines de nouvelles, une dizaine de pièces de théâtre, plus de 160 articles et des contes.
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Un chouette recueil de nouvelles lu sur papier jauni. Le style fleure bon le début du siècle dernier et donne au récit une authenticité un peu surannée, mais fort plaisante.
Ce mélange tragi-comique, efficace, est plutôt bien dosé de fantastique, voire saupoudré parfois de science-fiction, avec un peu de super pouvoirs, comme celui du passe-muraille ou d’ubiquité, ou encore des voyages dans le temps.
Le drame des plus pauvres et plus démunis, face aux conséquences de la guerre, est raconté avec réalisme et une touche d’humour qui révèle tout son charme.
La nouvelle Le passe-muraille est certes très plaisante et la plus iconique, mais les autres ont aussi leur qualité et leur lot de surprises. Mes préférées sont Les Sabines, avec ce don d’ubiquité poussé à l’extrême, La légende Poldève, avec sa chute des plus immorales, et Les bottes de sept lieux, avec sa chute des plus morales. Elles sont très variées et chacun y trouvera son compte.
Un classique à lire, ou à relire !