
« Et d’un seul coup, comme une pierre, le noir tomba. Le poste, les lumières du plafond, tout, à la fois, s’éteignit. » Le progrès a transformé le XXIe siècle en un temps de nouveautés toutes plus pratiques les unes que les autres. Ça vole dans des véhicules qui atterrissent sur des terrasses, ça se déplace dans les rues en taxis électriques, ça climatise son logement… Rien d’extravagant, pensez-vous ? Si, tout de même : Ravage est imaginé et écrit en 1943. Et c’est troublant de penser que ces prédictions se sont à peu près réalisées. On espère toutefois que celle qui dérègle l’univers bien organisé du roman nous épargnera : l’électricité fait soudain défaut. Le retour à la terre et à la paysannerie pourrait être la solution…
Ce grand classique de la SF française ne m’a pas emballé outre mesure. Du haut de notre XXIe siècle, avec le recul, sa lecture est pourtant divertissante dans le sens où l’on ne peut s’empêcher de comparer les « prévisions » de l’auteur avec les époques passées et actuelles. Je ne peux lui retirer sa qualité de visionnaire. D’ailleurs, j’aime beaucoup le principe du retour à la vie paysanne qu’il développe ici.
Du côté des faits inexpliqués qui ont enclenché le cataclysme socio-économique, je suis plus partagé. La disparition de l’électricité est intéressante en soi. Nous en sommes tellement esclaves aujourd’hui que l’on n’ose même pas imaginer une vie sans. Ce roman à l’avantage de nous forcer à y réfléchir. En revanche, le fait que le fer devienne mou… bof, bof. L’idée est trop baroque à mon goût. Elle dénote.
En outre, le personnage de François ne m’a pas convaincu non plus. Sa transformation en « sauveur de l’humanité » ne m’a pas paru crédible.
Quelles qu’en soient mes critiques, je recommande malgré tout ce livre, pour la réflexion qu’il engendre, mais je pense qu’il aurait mérité une approche plus scientifique pour asseoir l’intrigue et plus de profondeur chez les protagonistes.