
Tout a commencé par la fin ; la fin d’un monde.
Tout reconstruire, tout reprendre à zéro, repenser la nature des aptitudes humaines, reconsidérer une société sans reproduire les aberrations de la précédente. À contre-courant d’idées reçues, le naturel humain revient au galop : sobre, responsable et raisonné, philanthrope.
Aurel Lerousic s’était déjà détourné du monde moderne avant qu’il ne s’effondre. Loin du chaos, sa famille et lui vivaient paisiblement en autonomie dans une région naturellement épargnée par les conflits ou le brigandage. Mais cette sérénité fatalement se brisa. Son destin bascula dans les méandres d’un monde abscons et cruel administré par l’avidité stupide de quelques petits seigneurs. Aurel le pacifiste devra alors se battre. Il lui faudra faire des choix difficiles, parfois contestables, contraires à sa morale et à sa nature.
Avait-il conscience que chacune de ses décisions, chacun de ses actes, impacteraient son environnement ? Savait-il seulement qu’il serait l’artisan de la fondation d’un monde nouveau ?
Entre drame familial et dystopie, une histoire poignante qui questionne sur la survie, l’entraide et surtout, les frontières entre l’éthique et le devoir, l’ordre et la liberté.
Il y a une tonne d’idées et de sagesse dans ces 500 pages. Ce roman post-apocalyptique et dystopique fait la part belle à la solidarité humaine et à la remise en question de nos comportements de soumission. Chaque situation, toute différente, est une invitation à la réflexion, voire à la rébellion : l’autonomie dans les forêts préservées, dans les villages épargnés, la tyrannie puis l’entraide à Gre et, enfin, le camp de la forteresse de Novlande.
Les personnages sont attachants, touchants. Crédibles aussi, sauf que j’ai eu plus de mal avec Aurel. Sa « schizophrénie » m’a dérouté. J’ai eu du mal à me représenter le personnage à la fois coupeur de tête et homme sage le cœur sur la main.
En revanche, j’adore la théorie de Sonia, qu’il y a toujours dans des univers parallèles une version de soi qui réussit, qui s’en sort, lors des plus terribles épreuves. C’est hautement improbable et invérifiable, mais le cerveau a envie d’y croire. C’est rassurant. Elle donne en tout cas à l’intrigue un ressort romanesque singulier.
L’écriture est fluide, précise, pas de fioriture, elle va droit au but. La lecture s’en trouve facile et agréable. J’ai quand même buté sur le mot « hétéronomie », qui est par ailleurs très bien expliqué en note de bas de page. J’aurais appris un nouveau mot.
Pour conclure, j’avoue que j’hésite à me lancer dans le tome 2 et ses 700 pages. Ma pile de livres à lire est tellement haute… Je crois que la prochaine fois je vais plutôt tenter Planetae qui a priori est plus dans mes cordes.