
Quel émoi dans Philadelphie ! Dès les premières heures, on savait ce qui s’était passé la veille à la séance du Weldon Institute : l’apparition d’un mystérieux personnage, un certain ingénieur nommé Robur – Robur-le-Conquérant ! –, la lutte qu’il semblait vouloir engager contre les ballonistes, puis sa disparition inexplicable.
Mais ce fut une autre affaire lorsque toute la ville apprit que le président et le secrétaire du club, eux aussi, avaient disparu ! C’est à bord de L’Albatros, une prodigieuse machine volante, que nous retrouverons Uncle Prudent et Phil Evans. Enlevés par Robur, ils vont, bien malgré eux, survoler le monde et vivre des aventures inouïes… Mais nos deux farouches ennemis des appareils « plus lourds que l’air » ne s’avouent pas vaincus et feront tout pour s’échapper…
Robur-le-Conquérant est un roman prémonitoire où Jules Verne envisage avec une précision et une intelligence remarquables toutes les possibilités futures de l’aviation.
La concurrence entre aérostat et aéronef aurait pu donner une histoire passionnante, et l’invention de ce navire volant, une dimension fascinante et innovante, mais l’intrigue se noie vite dans un tour du monde interminable et insipide. Pour dire, la chute de l’histoire, avec celle de l’Albatros, est le seul moment où l’action est palpitante. Bien trop tard !
Sans compter les situations qui ne semblaient pas choquantes à l’époque, mais qui de nos jours sont inadmissibles. Entre autres : le pauvre domestique qui est traité de nègre à tout bout de champ ; Robur qui abat une baleine juste pour le plaisir de démontrer sa force ; etc.
On n’en tiendra cependant pas rigueur à l’auteur, il n’est que le témoin des mœurs et pensées de son époque.