
XXVIIIe siècle. Mars et Vénus dominent le système solaire, protégeant jalousement leur surface habitable des milliards de Naufragés condamnés à errer dans l’espace suite à la destruction de la Terre. Mark Slaska, agent des Services de renseignement martiens, découvre la preuve que l’Embrun 17, un vaisseau de Naufragés, a pu rejoindre l’étoile Sigma Draconis. Comment un appareil à peine capable de faire le trajet Terre-Vénus a-t-il pu parcourir une aussi longue distance ? Martiens et Vénusiens décident alors d’organiser une mission conjointe vers le système de Sigma Draconis. Mais derrière l’entente de façade, les représentants des deux peuples sont bien décidés à découvrir la force mystérieuse qui se cache dans l’orbite de l’étoile, et à s’en emparer pour asseoir la domination de leur camp.
Une belle découverte que ce space opera à la française.
Une sorte d’extrapolation de la guerre de pouvoir entre pays, riches ou pauvres, mais à l’échelle du système solaire et au-delà.
Des idées innovantes et actuelles sont développées avec intelligence. Notamment, même si le concept n’est pas tout neuf, j’ai apprécié de trouver des planètes gouvernées par des IA, puisque l’humain n’est pas assez fiable pour raisonner au-delà de sa propre personne.
Les différents peuples décrits sont très crédibles : les Martiens ou les Vénusiens qui gardent jalousement leur paradis planétaire, les Mercuriens et Jupitériens, ces Blattes qui essayent de survivre dans des conditions inhumaines, ainsi que les naufragés de Velloa, qu’ils soient citoyens de Midim’a, Réprouvés, Ombres ou Taupes.
Sur Velloa, justement, une puissance extra-terrestre qui dépasse le savoir humain est convoitée par Mars et Vénus. Le pouvoir de se transporter instantanément d’un système solaire à un autre n’a pas de prix pour asseoir sa domination.
La lutte entre puissances planétaires se résumera vite en un affrontement entre 3 protagonistes, Mark le Martien, Karen la Vénusienne et Linéa la Blatte.
Seul petit bémol : autant les jeux politiques entre puissances planétaires m’ont paru crédibles, pertinents, déterminants, autant les personnages manquaient à mon goût d’un peu de profondeur, de faiblesse. Trop prévisibles peut-être. En fait, je me suis plus attaché aux différentes communautés qu’aux personnages eux-mêmes.
Il n’empêche, les 500 pages se dévorent à la vitesse de la lumière, tellement le style est fluide, et l’intrigue prenante et riche en rebondissements.
En tout cas, ce bouquin m’a donné envie d’aller plus loin dans les mondes de son auteur. À suivre donc.