
En 2030, l’enjeu vital autour duquel se battent les peuples et les nations n’est plus le pétrole mais l’eau potable. Sécheresse et réchauffement climatique obligent. Aussi, quand un petit pays d’Afrique assoiffé découvre, grâce à une image satellite piratée, une nappe phréatique dans son sous-sol, c’est la survie assurée !
Assurée ? Pas évident : un grand consortium américain, à qui appartient le satellite, revendique la possession de cette nappe et ne recule devant rien pour l’obtenir.
Chargés de convoyer du matériel de forage, Laurie et Rudy s’engagent dans une aventure dont ils sont loin de mesurer les conséquences.
Dans cette lutte acharnée, sur fond d’harmattan et de tornades, tous les moyens sont bons, politiques et militaires, mais aussi la sorcellerie… surtout quand vient s’en mêler la Divine Légion, une secte apocalyptique qui voit dans le fils clone du P.-D. G américain l’incarnation d’un nouveau Messie… ou bien de l’Antéchrist ?
Un thriller fantastique, aux enjeux économiques et humains saisissants, où Jean-Marc Ligny stigmatise la folie destructrice de notre monde « libéral ».
Prix Bob Morane
Prix Rosny Aîné
Prix Une autre Terre
Prix Julia Verlanger
J’avoue que ce gros pavé m’a intimidé. J’ai mis un bon bout de temps avant de le sortir de ma pile à lire. Mais maintenant que je viens de tourner sa dernière page, je me sens à la fois ravi et nostalgique de l’avoir enfin lu. C’est à la hauteur d’un classique de SF, rien de moins.
On est vite plongé dans l’ambiance avec un attentat dévastateur. Le ton est donné. Les décors sont criants de réalisme, le contraste entre la misère et le luxe outrageux est saisissant. Les scènes sont immersives, trépidantes, révoltantes à souhait. D’autant que les personnages sont crédibles et attachants. Le trio bancal que forment Rudy, Laurie et Abou fonctionne à merveille. On aime leur courage, leur faille, leur détresse, leur humanité qui s’exprime de façons opposées. Le grand PDG américain est assez caricatural. Arrogant, mégalomane et exécrable, son rôle est clé dans l’intrigue et, en le détestant, on finit par l’adopter.
Je ne suis pas fan de fantastique, du coup le fils cloné de Fuller m’a un peu déconcerté, et la magie africaine ne m’a pas entièrement convaincu. En revanche, j’ai aimé l’idée du combat entre ces deux forces intangibles et puissantes, au-delà du bien et du mal.
Et le final avec les Indiens m’a enchanté. Ce qui ne gâche rien. La cerise sur le gâteau.
À recommander à tous les amateurs d’anticipation, en France et aussi ailleurs, d’autant que les auteurs de SF français n’ont pas la notoriété qu’ils méritent face aux bulldozers anglo-saxons.