
2157. À In Salah, capitale du Sahara et deuxième ville de l’Afrance, on s’inquiète : plus moyen de boire de Phoenix avec des glaçons, l’eau refuse de geler. Il s’avère bientôt qu’elle refuse aussi de bouillir, donc de s’évaporer. Et l’inquiétude vire à la panique lorsque les pôles se mettent à fondre, provoquant un raz de marée qui submerge la plupart des terres.
Qu’est-ce qui a pu transformer ainsi la structure moléculaire de l’eau ? S’agit-il d’un phénomène naturel ou d’une catastrophe suscitée par une race sous-marine intelligente jusque-là inconnue ?
Commence pour l’Humanité une aventure sous-marine qui, trente ans avant Abyss, suggère que la masse d’eau dont la Terre est porteuse constitue un univers aussi mystérieux que l’espace extraterrestre.
Le début du roman m’évoque Ravage de Barjavel. Un changement des propriétés physiques d’un élément bouleverse l’équilibre du monde. Ici, c’est l’eau. Elle ne gèle plus et ne se vaporise plus, entraînant deux tsunamis géants provenant des pôles et une sécheresse sans précédent sur toute la surface émergée de la Terre. La suite en revanche est bien différente. Il s’agit d’une attaque contre l’humanité. Les auteurs, des raies intelligentes provenant des profondeurs marines.
L’idée est singulière, mais le traitement est superficiel. On entre vite dans une logique de guerre à sens unique où il faut exterminer l’ennemi. Aucune tentative de dialogue, de médiation, aucune empathie envers le peuple sous-marin. Je comprends qu’il faut se défendre, que le nombre de victimes est colossal, mais l’humain a aussi sa responsabilité dans cette guerre.
La puissance économique et industrielle de l’Afrance, ce pays imaginaire bâti en plein désert et qui fait écho aux colonisations françaises, est l’arme qui va sauver l’humanité. C’est une démonstration de force, le fantasme de la technologie toute puissante.
Je ne cache pas que j’aurais aimé une intrigue beaucoup moins manichéenne. Surtout qu’au fond, je ne trouve pas ces ennemis sous-marins si différents des humains.