
Que deviendrait le monde si l’être humain changeait de forme ?
C’est le projet fou d’Alice Kammerer, jeune et brillante scientifique, qui parvient, au lendemain de la troisième guerre mondiale, à inventer de nouvelles espèces hybrides : des chimères, mi-homme mi-animal.
Tandis qu’elle assiste, fascinée, à l’évolution de ces bébés pourvus d’ailes, de griffes ou de nageoires, un monde différent se construit.
Il est à la fois porteur d’alliances et de conflits, de passion et d’espoir…
Mais quelle place l’ancienne humanité pourra-t-elle conserver face à ces nouveaux « voisins » ?
Avec ce roman d’aventures haletant, Bernard Werber nous entraîne dans un monde où les frontières de la réalité sont repoussées, vers un avenir peut-être pas si lointain.
L’avantage avec les livres de Bernard Werber, c’est qu’ils sont faciles à lire, et celui-là ne déroge pas à la règle.
Son intrigue post-apocalyptique est toutefois trop irréaliste ou idéalisée à mon goût, les chimères trop faciles à mettre en œuvre, et les nouvelles humanités trop médiévales, trop caricaturales dans leurs fonctionnements.
Certaines idées farfelues parsèment l’histoire, à l’image de ces survivants qui font la teuf dans les sous-sols de Paris, ou bien l’atterrissage de la navette spatiale de secours sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame, ou encore cette chimère qui se fait couper en deux sans en souffrir plus que ça. D’un côté, elles sont divertissantes, mais de l’autre, elles desservent la gravité de la situation.
Ce n’est qu’une fiction bien sûr, mais je trouve dommage qu’elle mette notamment en valeur des théories scientifiques douteuses, l’adaptation des espèces selon Lamarck par exemple, surtout qu’il n’apporte pas d’éléments convaincants, si ce n’est des histoires ésotériques et croustillantes comme seuls arguments.
Néanmoins, j’ai aimé la réflexion sur le choix entre la peur ou l’amour face à une situation inconnue.
En résumé, une lecture à la fois distrayante et… déroutante.